Article Sophrologie et relations toxiques: accompagner les victimes de violence psychologique - Publié sur LINKEDIN

Accompagner les victimes de relations toxiques

Published on July 21st, 2020

Depuis quelques années, un terme revient de plus en plus pour évoquer la toxicité de certaines relations que ce soit dans la sphère privée comme dans la sphère professionnelle : celui du pervers narcissique. Le film Mon Roi, réalisé par Maïwenn en 2015, a d’ailleurs magnifiquement mis en lumière les mécanismes de la violence psychologique au sein du couple ainsi que le phénomène de l’emprise. Et pourtant tout reste à faire en termes de protection des victimes tant sur le plan du diagnostic posé sur la relation, l’accueil des témoignages de ces victimes, et enfin leur accompagnement. En effet, sur le plan strictement légal et clinique, les experts doivent faire face non seulement à un vide juridique mais également naviguer entre deux notions freudiennes : la perversion et le narcissisme. Nul doute que le temps et le travail acharné de ceux qui travaillent tous les jours pour lutter contre la violence psychologique sauront faire avancer les choses pour faciliter la prise en charge des victimes.

 

Relations toxiques, violence psychologique et emprise

 

Une relation toxique est “une relation dans laquelle l’un va demander à l’autre d’abdiquer sur certains aspects de sa personnalité dans le seul but de lui nuire, de l’humilier, de le dévaloriser voire même de le détruire. C’est une relation de sujet à objet, de dominant à dominé ” (Spécialisation "Sophrologie et relations toxiques", Nathalie RIESEN, sophrologue, experte en relation d’aide aux victimes de relations toxiques). Alors qu’une relation saine repose sur deux protagonistes qui ensemble, sur un même pied d’égalité et dans leurs globalités individuelles, construisent un projet commun basé sur le respect, la confiance, l’épanouissement réciproque, l’honnêteté (1+1=3) … une relation toxique va insidieusement se traduire par la mise en place d’un phénomène d’emprise et la négation de l’autre (1+1=1).A noter que ces relations toxiques peuvent voir le jour au sein du couple, d’une famille, au travail, entre amis, à l’école...et non, elles n’arrivent pas qu’aux autres, bien au contraire.

 

Le principe même de la violence psychologique est qu’elle est insidieuse et invisible. Petit à petit, la victime va se retrouver sous le contrôle de son agresseur (ou agresseuse), la plupart du temps sans même se rendre compte des mécanismes en œuvre à son encontre. Bien souvent ces victimes ont tellement intériorisé la déshumanisation dont elles font l’objet qu’elles se sentent coupables et prennent paradoxalement la défense de leur agresseur. Cette violence peut prendre des formes variées : violence mentale, auditive, visuelle, parfois physique...et s’inscrit dans le temps.

 

D'une simple remarque désobligeante, le dénigrement constant dont elles vont faire l’objet va évoluer vers des insultes répétées, des humiliations quotidiennes, des chantages, jusqu’à ce que tout le quotidien de la victime soit empreint de cette violence, allant jusqu’à marquer profondément et durablement la psyché de la victime, ses circuits émotionnels, son système nerveux...les victimes se retrouvent en état de distanciation et d’anesthésie émotionnelle. On parle également de mémoire traumatique.

 

Du côté du manipulateur (ou de la manipulatrice) pervers, ce phénomène pernicieux d’emprise suit toujours un même déroulé, un même schéma de fonctionnement :

• Repérage

• Séduction : l’agresseur se montre sous son meilleur jour, une vraie “lune de miel”, tout va très vite, la victime n’a pas le temps de réellement s’interroger sur ses doutes éventuels

• Ferrage : mise en dépendance de la victime

• Harcèlement, destruction, isolation de la victime : la victime se retrouve totalement isolée de son entourage ne comprenant pas toute l’ampleur de ce qui lui arrive et persuadée qu’on ne la croira pas

• Basculement, justification de l’agresseur et culpabilisation de la victime : face à la violence psychologique dont elle fait l’objet, la victime peut dans un sursaut de survie sortir de ce schéma pervers, mais bien souvent le phénomène d’emprise est déjà bien installé et il lui faudra du temps pour s’en défaire, l’entourage joue un rôle clef dans cette phase.

 

Du côté de la victime, celle-ci va se retrouver totalement isolée (son agresseur va peu à peu faire le vide autour d’elle), ressentir une profonde solitude (se sentant abandonnée, elle va devenir totalement dépendante de son agresseur) et enfin expérimenter un sentiment de désolation (déshumanisation = perte du soi, de son appartenance au monde).

 

Afin de compléter ce tableau (non exhaustif) des relations toxiques et de la violence psychologique, il apparaît important de parler de la notion de “triangle dramatique” Sauveur/Victime/Persécuteur (Steven Karpman, 1968) et de la notion de dépendance victime/bourreau/sauveur. S.Karpman explique que les relations toxiques (ce “triangle dramatique”) trouvent un espace pour se développer car les trois (victime/bourreau/sauveur) ne peuvent exister sans les deux autres : en effet, chacun répond aux besoins psychologiques individuels des autres, besoins qui sont la plupart du temps inconscients. Expliquer cette interdépendance va se révéler fondamentale pour aider la victime à se défaire du phénomène de l’emprise, le tout dans la bienveillance et l’accueil proposés par l’accompagnement sophrologique. A noter enfin que le sophrologue doit toujours veiller à bien rester en dehors de cette triangulaire en restant ancré dans sa pratique et dans le cadre de son rôle de sophrologue.

 

Accompagner les victimes de relations toxiques et de violence psychologique

En tant que sophrologue, ma pratique s’inscrit dans le respect du code déontologique de la Chambre Syndicale de Sophrologie. Elle est entièrement guidée par les engagements suivants pris auprès de chaque personne que j’accompagne et qui sont au fondement de l'alliance thérapeutique :

- Bienveillance

- Respect

- Non jugement

- Confidentialité

- Adaptabilité.

 

Il est également important de rappeler que nous sommes sophrologues et non psychiatres ou psychothérapeutes. Nous n’avons pas à poser de diagnostic ou à nous substituer à un suivi médical, nous travaillons en complémentarité de ce suivi.

 

L’accompagnement d’une victime de relation toxique visera à reconnecter la victime avec elle-même et à lui permettre de construire à nouveau des relations saines. Cela passera par lui faire prendre conscience de tous les tenants et aboutissants de la relation toxique, le phénomène d’emprise et notamment cette notion de dépendance victime/bourreau afin qu’elle puisse s’en défaire et reprendre le contrôle de sa vie.

 

Un retour à la corporalité, lui donner tout l’espace dont elle a besoin pour exprimer en toute sécurité ses émotions, valider ces émotions, seront les premières étapes clefs dans la déconstruction de ce phénomène d’emprise ; ceci afin qu’elle puisse à nouveau exister pour elle-même, sortir de cet état d’anesthésie émotionnelle, de refoulement de la réalité de la violence à laquelle elle a dû ou doit encore faire face, et afin de contrecarrer la mise en cause du récit que lui a fait subir son agresseur. En état de stress et de réactivité permanents (produits de la violence psychologique continuelle et qui atteignent ses facultés cognitives), il sera important de lui proposer des exercices courts et ciblés.

 

L’étape suivante consistera à l’aider à mettre des mots sur ce qu’elle a vécu pour l’aider à se reconstruire, pour l’aider à reprendre le tempo de sa vie en se replaçant dans sa propre temporalité. Sous emprise, elle a perdu pied, ses repères, elle était en état de choc. Poser la réalité de ce qu’elle a vécu est donc fondamental. Un travail spécifique sur la triangulaire Victime – Bourreau – Sauveur permettra à la victime de comprendre qu’elle ne peut pas agir sur son bourreau, et l’amener peu à peu à comprendre qu’elle a en revanche toutes les capacités d’agir sur sa vie. C’est le fondement même de tout processus de résilience.

 

La résilience repose sur trois principes : réagir, rebondir et reconstruire. Ce processus de résilience trouve un écho dans l’approche sophrologique qui va permettre à la victime de travailler sur les notions suivantes :

• Respect, confiance et estime de soi : reprendre son pouvoir et s’affirmer à nouveau

• Processus de deuil : de la relation, de l’emprise (comprendre pourquoi, ne pas s’en vouloir et s’en libérer)

• Prendre conscience de ses émotions/peurs, les accepter, trouver des solutions et agir : attention, il est important que la victime (et le sophrologue aussi qui doit rester en retrait dans son rôle de praticien) soit consciente que toute “sortie” se prépare afin de ne pas l’exposer elle et ses proches (au bourreau, à la rue, qu’elle soit prête = on ne peut jamais aider quelqu’un contre lui-même...).

 

L’accompagnement proposera enfin tout un travail visant à “réaligner” la victime avec elle-même afin qu’en toute autonomie et en toute confiance, elle puisse se remettre en mouvement et reprendre les rênes de sa vie consciente de qui elle est, de ses blessures, de ce dont elle a besoin, en étant pleinement en accord avec elle-même.

 

Emilie Lhotellier Sophrologue

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Emilie Lhotellier

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